betty black

11 juin 2018

l'intelligence du crabe

Dernière minute, opération chirurgicale d'un intervenant oblige, celui en charge de la conclusion fait la première présentation, et au débotté, le grand chef fera la conclusion de la fin de la journée... c'ets toujours comme ça les colloques, non ?

le grand chef improvise, magistralement et avec brio, en reprenant des thèmes évoqués tout au long de la journée, qu'il a notés sur ses petites fiches bristol quadrillées, c'est beau. mais l'angle d'attaque nous laisse pantois, ma collègue et son chef assis derrière, et moi.

Le grand chef parle de l'intelligence du crabe, qui tâtonne, va à droite, recule, essaie à gauche, avance en travers, rebrousse chemin, repart dans un autre axe, jusqu'à ce qu'il trouve un chemin...

on se regarde, nous, qui le connaissons, et l'un lance "il a bien dit "crabe" ? hein ?" et nous autres d'acquiescer avec un sourire forcé.

 

 

 

la femme du grand chef qui travaille dans la même institution est actuellement absente,
pour traitement
d'un cancer.

 

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31 mai 2018

euh... c'est l'effet salopette ?

à la caisse, je dépanne ce matin.

dans la queue, je remarque une femme qui a le même sac que moi. je me dis "mais quel manque d'originalité !" (de ma part, j'entends).

elle règle ses achats, et le temps du service, me demande "vous n'étiez pas au collège avec moi ?"
euh... "j'étais en province."
"oui, c'est ça."
"à L. ?"
"oui."
"Collège Lycée AB."
"oui, c'est ça."
"Votre nom ?"
Moi, je suis Lilou.
... euh... je ne situe toujours pas. Moment de grande solitude.
"Leloo... euh..."
"non, pas leloo, Lilou !" et elle ajoute son nom de famille... et là, ce nom me dit quelque chose... mais pas grand-chose de plus, il faut bien l'avouer. il y a du monde, je lui propose de lui donner mon tél. on essaiera de se voir, là je travaille, et il y a du monde...

on a échangé des texteos, on se voit d'ici 15 jours...

et je ne vois toujours pas qui était cette Lilou dans la constellation collégiale ou lycéenne.

je n'ai trouvé que peu de renseigenement sur le grand internet à son sujet.

comment peut-on oublier à ce point ?

elle a eu le temps de me dire qu'elle vivait la rue derrière depuis 10 ans, qu'elle m'avait déjà vue, mais pas très sûre d'elle, se souvient de moi, du temps où je vivais dans le quartier aussi, m'a aperçue enceinte, puis avec les enfants, etc. elle n'a jamais osé me parler.

on était dans le même collège. comme cette grande amie du même collège qui a vécu à l'angle aussi, pendant plus de 10 ans. on aurait pu se croiser. mais non.

j'ai toujours été nulle en probabilités, mais dans un périmètre de moins de 100m alentour, j'ai vécu dans le voisinage de deux filles qui ont fait le même collège que moi dans une autre ville, très loin, et en plus de 10 ans, on ne s'est pas croisées ou pas abordées.

je me demande si le fait d'avoir mis une salopette en jean de teen-ager aujourd'hui a pu jouer en faveur de sa remémoration ?

et qu'allons-nous nous raconter ?

 

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30 mai 2018

orage

partir en disant tiens, il pleut. regarder le ciel noir et bleu. se dire avec un peu de chance... j'ai le temps de rentrer.

et voir la pluie grossir. les rues se vider. de piétons mais aussi de véhicules. personne sur le grand boulevard, personne, si ce n'est moi et les grêlons.

croiser un piéton sur un passage piéton. surpris de me voir. les rues sont vides. les gens s'amassent dans les encoignures ou se blotissent sous les porches.

il restait quelques fibres sèches sur le mollet et sur la ceinture de mon pantalon.

je n'ai jamais été aussi trempée. en aussi peu de temps. sauf à entrer toute habillée dans une piscine.

 

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29 mai 2018

le gaucher

j'hésite, je tergiverse, j'ai ôté la bande de la main droite, je regarde sur le ring, je remonte, je descends ? l'entraineur fait son job et me dit de revenir. j'aime pas l'anglaise, alors je me force un peu, mais il faut aussi la travailller, qu'il a dit, alors..., c'est l'occasion. j'aime pas. mais bon.

avant dernière minute. je suis contre le gaucher. il m'a prévenue au premier échange "je suis gaucher". il est grand aussi. et il boxe juste. et il m'a collé une gauche au foie. j'ai crié. arrêt sur image. tous. moi aussi. l'entraineur est venu, il m'a expliqué que mon foie allait se gonfler de sang, que c'était douloureux. c'est aussi ça, boxer.
euh... je vais peut-être essayer la broderie ?

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28 mai 2018

fête des mères

il est un peu tard, j'appelle. pour la fête. des mères. et oui, c'est la mienne. de mère. et aussi ma fête. elle me dit "je me demande si cette fête a un sens pour moi. est-ce qu'elle en a un pour toi ?"

je lui demande de préciser sa pensée. et là voilà partie dans des péroraisons, de avant, il n'y avait pas la pilule, à mon époque, si, j'ai pu décider (de devenir mère), mais avant...

pense-t-elle à sa mère ? elle, l'aînée ? à son frère, dont sa mère a dit qu'il n'était passé pas loin des aiguilles à tricoter ? pense-t-elle à elel ? qui se voyait vieille fille ? qui a épousé un homme qui, lui, voulait des enfants ?

j'ai eu les larmes aux yeux quand j'ai lu les mots que luciole avait choisis pour écrire sur sa carte. et petit lion, un peu triste quand il me dit, qu'en grandissant, à l'école, on ne prévoit plus rien pour les mamans... et s'en excusant presque. j'ai eu des bisous et des câlins comme cadeau. heureusement qu'on ne se cantonne pas à ce seul jour !

j'ai envoyé des messages aux nouvelles mamans de mon entourage. la première fête des mères, c'est pas rien. ça a du sens.

et j'ai pensé à ceux qui auraient aimé pouvoir encore fêter leur mère de vive voix, en présence, et qui pour le première, ou la cinquième fois, ne peuvent plus, alors que c'est si important pour eux.

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j'ai pas souvenir

J'ai pas souvenir d'avoir vécu ce genre de désagrément. je me suis froissée un muscle. sur le haut de la fesse. gauche. un matin tôt. en faisant un geste anodin. se lever, et se tourner du siège d'avion pour aller aux toilettes avant le décollage. j'ai senti comme un voile, une impression de tissu qui effleure, et quelqeuchose qui se cripse.

et depuis, je suis quelqeu peu... coincée...

l'âge, ma bonne dame, l'âge..!

bon, ça y est, j'y suis.

je en sais pas si c'est une bonne nouvelle...

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27 mai 2018

3 marie douce

en allant jusqu'à l'adresse donnée, elle me raconte. qu'elle ne parle plus à son père. qu'elle se sent mieux, plus libre, je dirai, un bonjour, mais rien de plus, elle parle à sa mère, elle veut faire bouger les choses, elle ne veut plus se taire. refus d'être complice de cette violence subie et tue.

elle a été saisie d'effroi, quand elle a vu sur sa figure le faciès de son père, le même rictus de haine qui défigure et transperce.

elle me raconte les cassages de gueule, les dents en moins et les points de suture, et l'omerta, ne pas porter plainte, plaindre l'agresseur, il avait bu, et puis, tu sais, ... j'entends que son frère cherche ce qu'il peut provoquer, pour voir s'il peut susciter ce mouvement qui n'est pas de l'amour, mais son exact contraire, et par là même son témoignage, de vide et d'absence, mais d'amour. je ne sais pas si je suis juste, des idées me traversent.

je ne sais pas que faire de tout ça. j'accueille ses mots. elle fait son chemin, et j'aime à l'accompagner. cette jeune femme vient de loin, et elle ira loin loin loin...

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25 mai 2018

après le rdv,

ce matin j'ai filé dare-dare.

depuis le deuxième pont, j'ai aperçu deux embarcations à moteur sur le fleuve. trop pressée, je ne me suis pas arrêtée. j'ai poursuivi mon chemin, sur les berges, et j'ai eu le plaisir de voir ces "bateaux" à ma hauteur. Un zodiac... un peu classique, un peu banal. et un petit hydroglisseur à la jolie forme qui m'évoque un orque sur trois foils. Nous allions à la même allure, eux sur leur coussin d'air, moi sur mes deux roues. Et puis, l'engin a ralenti, a amerri et je l'ai laissé sur l'eau.

étrange rencontre.

 

j'ai passé le feu, avec un tourne à droit m'y autorisant. la voiture derrière à klaxonné, son chauffeur énervé, alors, pour provoquer, je me suis mise devant lui, pour aller à gauche, avec ma main tendue, et mes sourdes oreilles. puis j'ai bifurqué à gauche, il a donné un coup d'accélrateur avant le frein, m'a adressée une salve d'insultes que ma main a saluées, façon reine mère d'Angleterre. Il n'était pas content. Je n'étais pas encore en retard.

rencontre à oublier.

 

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23 mai 2018

être mère...

c'est demander à son fils de délocker son smartphone pour vérifier qu'il ne jouait pas... et être obligée de lui montrer qu'il te prend pour une quiche.

et imposer de nouvelles règles plus restrictives...

 

c'est hésiter à vérifier la liste des devoirs qui doivent être terminés, et surprendre sa fille après l'heure du coucher à rédiger des exercices qui n'ont pas été faits.

être mère, c'est endurer les pleurs et les plaintes et les gémissements et les "maman, j'ai mal à la gorge, là, je ne peux plus parler..." quand tu demandes la récitation de la poésie pour le lendemain... inutile, je crois, de préciser que lorsqu'il s'agit de lire pour la 4ème fois un livre sur les animaux... ni la gorge, ni le bras ne font souffrir...

 

être mère... ben, c'est pas tous les jours si facile.

et la video sur les voeux des mères pour leur fête m'a bien fait rire. (du temps, un vagin tout neuf, une mary poppins, une cuite... que demander de plus ?!)

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14 mai 2018

y'a école !

après un week-end de 4 jours à l'étranger, une journée de pause à la maison, et 4 jours au vert, c'est pas évident de se lever le matin. tôt. parce que : y'a école !

pauvres petits, emmitoufflés sous leur couette, les saintes glaces ayant rafraichi l'atmsophère, ils étaient blottis sous les plumes... Les petons de Luciole dépassaient, je me suis empressée de les caresser... je me demande quand je n'aurai plus l'autorisation de le faire. c'est d'autant plus précieux.

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