betty black

19 janvier 2017

décalage horaire

je préviens que demain, non, le déplacement en province n'est pas assuré, il est reporté d'une semaine. on me souhaite bonne nuit. Il est 21h45. Je réponds qu'on n'a pas encore dîné...

comme un certain décalage horaire entre les citadins de la capitale et les provinciaux dans la belle campagne du pays....

Posté par betty black à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 janvier 2017

n'en jetez plus !

la responsable administrative m'a appelée. pour mon nouveau contrat. en CDI. 3h30 par semaine ! bref, où placer la demi-heure est le sujet. je conclus en plaisantant de faire comme monsieur le souhaite, histoire de lui laisser l'impression qu'il a posé sa marque... mais là n'est pas le sujet principal... elle me demande si..., jamais, on ne sait pas... voilà, des heures en plus, ça me dirait ?
euh... comment te dire ? j'ai une hypothèse très nébuleuse pour laquelle je ne vois rien d'autre que du flou depuis moins de 24h... et j'y tiens à cette faible lueur... alors, non, je ne veux pas plus d'heure dans ton service, pas cette fois-ci, merci. je passe mon tour.

ils ont quoi à me demander tant et plus que je travaille pour eux...?

Posté par betty black à 22:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

down... and up !

après ma grosse crise de larmes ...est-ce que j'en ai parlé ici ? et mon grand down down down de ce week-end.

même si je n'ai pas trouvé le fond pour donner un coup de talon. ça sent l'ascension ces jours-ci.

alors... la grande nouvelle, mais vraiment énorme, d'ailleurs j'ai peine à y croire, j'ai reçu un appel d'un chef... et je vais peut-être signer un CDI pour un mi-temps dans cette institution que je fréquente depuis 6 ans. la persévérance aurait-elle du bon ?

et non, nous ne sommes pas une année bissextile.! aucun passage de comète n'est prévu. mais que se passe-t-il ?

 

Posté par betty black à 00:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
15 janvier 2017

c'est moi ou t'es chiante ?

je fais des efforts de chaque instant pour ne pas craquer, tu sais. parfois, ça déborde un peu. je ne suis plus patiente avec les enfants. un petit rien devient un grand pénible insupportable. je me sens nulle. et je persiste. et je n'arrive pas à m'en empêcher.

j'ai un peu forcé pour aller faire un tour au village. et dans la voiture "c'est moi ou t'es chiante ?"

blanc.

"c'est moi, j'suis chiante."

silence.

on n'en reparlera pas.

 

au guichet, sarah s'occupe de moi. une nouvelle, je ne la connais pas. elle aussi a arrêté les colorations sur ses cheveux, elle a à peu près la même taille de racine poivre et sel que moi. son frère s'appelle esaie. je lui demande des informations qu'un quidam lambda ne demanderait pas. elle ne dit trop rien de son étonnement. jusqu'à ce que le directeur adjoint sorte de l'arrière salle et vienne me faire la bise. elle comprend qu'il y a des choses qui lui échappent pour l'instant. à un moment, elle m'a demandé si j'avais dormi. je lui ai fait répéter. oui, j'ai bien compris. elle pense que je n'ai pas dormi. cela expliquerait mon état. comment lui dire que j'ai passé la meilleure nuit de sommeil depuis longtemps que la dernière ? je dois avoir une tête à faire peur, et je sais que je ne suis pas au mieux de ma forme. mais de là à ce qu'une inconnue me demande à 16h si j'ai assez dormi... !!! avant de partir, je m'anquiers de savoir si les filles au guichet ont dépassé le niveau de ventes. c'est bon ! la bouffe offerte par le dir-adj est acquise. je vais prendre un café avec lui, tiens !

 

rentrer de quelques descentes sur l'or blanc. s'asseoir dans la baignoire. écouter le bruit fort de l'eau qui coule en cascade, et se laisser aller à pleurer à gros sanglots. le temps que le bain se remplisse. pleurer en pensant que le bruit couvrirait mes sanglots. ne pas savoir si le stratagème fonctionne. pleurer et se calmer avant d'arrêter l'arrivée d'eau. plonger dans le bain. et dire entrez ! à celui qui frappe à la porte. il m'apporte un verre de jus de légumes en me demandant si ça va. ce n'est pas son style, je pense qu'il a entendu. je bois le verre de jus. j'apprécie le geste. je vais me dépêcher. j'arrive pour déjeuner.

 

je suis triste, triste, triste.

je suis chiante.

je suis insupportable.

et peut-être plus pour moi que pour les autres.

Posté par betty black à 22:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
10 janvier 2017

réveil

elle est pelotonnée sous sa couette, il fait frais dans sa chambre. Je viens lui dire bonjour, son père est déjà passé. Elle tourne la tête vers moi lorsque je lui caresse le cou, la joue, la nuque, les cheveux. Elle a la marque des côtes de velours de son coussin imprimée sur la joue. Et la moue boudeuse, les yeux fermés, elle me dit "attends maman, je finis mon rêve..."

Posté par betty black à 10:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 janvier 2017

l'eau noire

Passer sur le pont. Celui-là ou un autre. Non, pas tout à fait. Certains plus que d'autres. Il y a ceux où l'eau ne bouge pas dessous. Il y a ceux qui ne sont pas attirants, les trottoirs trop larges, ou la cambrure trop plate. Non, elle a ses préférences. le pont bombé, où la montée se sent dans les jambes, où le sommet est atteint au plus large de la rivière, où il y a des remous sous les piles qui font des vaguelettes.

de nuit, l'eau est noire, même l'éclairage public n'éclaircit pas les tréfonds tumultueux, des reflets en surface papillonnent.

elle se demande.
combien de temps elle mettra à avoir si froid qu'elle sera engourdie et ne sentira plus rien même pas ses poumons se remplir d'eau.
est-ce qu'on souffre ?
est-ce qu'on a peur ?
sa soeur lui a dit un jour que c'était probablement la manière la plus douce de disparaitre.
et virginia, ses cailloux dans les poches, a-t-elle souffert ? a-t-elle eu peur ?
se laisser sombrer, est-ce si doux ?
est-ce que c'est l'hypothermie ou la noyade qui cause le décès ?
est-ce que certains pourraient croire à un accident ? 
elle n'a pas envie que sa mort pèse sur ceux qui restent. elle n'a pas envie de laisser d'explication. elle n'a pas envie de laisser de mot derrière elle.
comment dire la douleur intérieure quand seule la disparition corps et âme parait être l'issue la meilleure pour faire taire ce mal ?

Posté par betty black à 01:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
04 janvier 2017

carte de voeux

j'ai reçu ma première carte de voeux papier aujourd'hui !!! ça m'a fait tellement plaisir, si tu savais.

je suis en train de préparer la mienne. encore une photo avec les enfants. encore une photo où Luciole a la main en l'air. l'année dernière, elle montrait l'horizon. cette année, elle accompagne le vol d'une feuille d'automne, dont on ne sait si elle tombe... ou si elle ressucite, poussée par l'énergie de cette petite fille qui la relance, au-dessus d'une grille d'aération du mérto parisien, sous l'oeil de son grand-frère...

bon, j'ai pas fini. je pense que les envois papier seront pour le 15 janvier. avant le 31. ça devient ma norme à moi. un peu tard, mais pas trop. c'est pas comme si j'aurais pas pu le faire plus tôt. je ne sais pas m'y prendre à l'avance. et puis surtout, si j'ai l'impression de sortir la tête de l'eau, faudrait pas minimiser la profonde morosité qui m'a imprégnée ces derniers temps...

 

tout ça pour dire qu'il y a des chances que je retourne, cette année, chez le coiffeur, bien accompagnée.
comprendra... la rédactrice !.

Posté par betty black à 23:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
03 janvier 2017

le cadeau surprise

luciole a donné sa lettre au père noël.enfin, à sa maman, pour qu'elle transmette.

deux cadeaux sur sa liste.

elle a eu les deux demandés.

plus d'autres.

 

 

et celui qui lui a fait le plus plaisir, ... c'est le dernier arrivé. récupéré la veille du départ, le 22 au soir. quelques jours plus tôt, elle était allée acheter un cadeau pour l'anniversaire d'une amie, et avait jeté un coup d'oeil dans la caisse à peluches... il n'y était plus. elle l'avait bien remarqué, mais n'en avait rien dit. elle m'avait demandé en sortant si la lettre au père noël était bien partie. oui. elle n'avait pas insisté. (elle aurait voulu ajouter cet article, j'en suis sûre...)

elle m'en avait parlé bien avant. j'étais allée me renseigner au magasin. c'était le dernier exemplaire. je l'avais fait mettre de côté. et puis, j'ai un peu oublié. j'y ai repensé. un peu in extremis, à l'arrach', comme d'hab'. une peluche de bonhomme de neige avec un bonnet rouge de père noël et de grands yeux bleus à paillettes.

elle explique à son frère : "c'est celui qui m'a le plus plu, parce que, il n'était pas sur ma liste, parce que j'avais déjà donné la liste pour le père Noël, mais j'aurais bein voulu. et tu vois, il n'était pas sur ma liste, et je l'ai !!!"
et son frère d'essayer de lui dire que les lutins savent tout.

 

elle avait questionné sa grand-mère sur l'existence du gros barbu en rouge. j'avais entendu la conversation depuis ma chambre. c'était adorable. la grand-mère m'avait exprimé sa tristesse devant les questions de sa petite-fille. je n'ai pas compris pourquoi elle était triste, et elle n'a pas su trop comment m'expliquer.

j'étais persuadée que l'année passée serait le dernier Noël "pour enfants".

trois jours après, je roule avec Luciole, je vais faire des courses, à la caisse, il y a une promotion pour les figurines en chocolat de Noël. elle demande à me parler à l'oreille, je commence pas dire "non, non, pas de chocolat..." elle me dit : "non c'est pas ça, écoute..." et dans le creux de mon oreille, elle me glisse, sur un ton complice et secret, à voix basse :

"tu sais, maman, moi je crois au père Noël."

 

je suis tellement attendrie par ma fille. voilà mon cadeau surprise de Noël. à moi. je suis bien récompensée. merci.

Posté par betty black à 23:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
02 janvier 2017

mauvaise passe

rien à dire, rien à faire, je passe une mauvaise passe, et ça dure. et je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. et quand bien même je n'arrive pas à sortir la tête de l'eau. j'ai juste envie de plonger plus bas pour que cela cesse. j'ai toujours cette appréhension. parce que, si ça se  trouve, ... ça ne cesse pas ! comme ce docteur au service de réa, qui disait "on ne sait pas s'il souffre moins, il ne peut juste plus s'en plaindre." c'est juste un peu plus supportable pour l'entourage.

je ne vais pas bien. c'est contraire à la méthode coué.

je ne vais pas bien, je sais en partie pour quoi. mais ce savoir ne m'aide pas à aller mieux.

je ne vais pas bien, et je ne fais pas grand chose qui me permettrait d'oublier que je ne vais pas bien, ou qui m'occuperait suffisamment l'esprit pour que j'oublie que j'ai l'impression de ne pas aller bien.

je ne vais pas bien, je ne suis pas bien, là où je suis, ici avec moi-même, je ne vais pas bien.

et il faudrait que je trouve l'énergie pour souhaiter les meilleurs voeux à tous pour cette année qui commence... et je n'y arrive pas. comment souhaiter le meilleur avec ce goût de poussière terreuse dans la bouche ? comment arriver à être sincère dans l'expression de voeux quand je n'y crois pas une seule seconde ? méthode coué, méthode coué, à force de sourire, ça devrait arriver, non ? allez, courage, haut les coeurs, on y va ! sortir de cette mauvaise passe pour ne pas la transformer en impasse.

Posté par betty black à 11:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
29 décembre 2016

le quiproquo

c'est tendu entre eux. ou c'est plutôt un peu distendu. ils essaient de se retrouver, de retrouver l'élan de l'un vers l'autre, et vice et versa.

sur l'oreiller, après, les corps démêlés, les têtes posées l'une sur l'autre, ils écoutent leurs souffles s'apaiser. il lui dit à voix basse : "tu veux me quitter ?".

elle répond : "oui, je veux bien. mais je ne connais pas le chemin."

silence.

elle lève la tête et d'un air empreint d'une légère inquiétude, relance : "tu peux répéter ce que tu as dit ?"

silence.
puis, il répète à contre-coeur : "tu veux me quitter ?"

elle dit "oh ! tu sais ce que j'ai entendu ? j'ai cru que tu me disais : tu veux me guider ?"

Posté par betty black à 18:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]