betty black

05 décembre 2016

un peu absente.

je crois que je suis un peu absente à moi depuis samedi.

vendredi soir, elle s'est endormie. je savais qu'elle n'allait pas se réveiller. mais quand ?

le tgv a eu une demi-heure de retard, notre amie est partie un quart d'heure avant que celle qui avait sauté dans le train ne rejoigne le chevet de la chambre d'hôpital.

j'ai appris samedi matin que plus jamais elle ne serait là, en personne.

j'ai eu du mal à me concentrer sur la suite de la conférence. je suis partie. j'ai déjeuné chez martin, avec des copains, ma fille et une de ses amies. je me suis promenée, j'ai fait des achats de Noël, je suis rentrée, j'ai pâtissé un gâteau au chocolat avec ma fille, j'ai bu un bouillon de poireaux, je me suis couchée après avoir vu beyond the pines, j'ai bien dormi, et aujourd'hui, c'était étrange.

je suis parfois un peu à côté de moi, enfin pas là, mais je ne sais pas où je m'en vais, je m'oublie, et puis je reviens.

je vais chercher le grand chez son copain, je fais les devoirs avec les enfants, je cours chercher des frites, je reviens pour dire bonjour aux invités, que je plante pour aller serrer dans mes bras celle qui descend du train retour, je reviens déjeuner, je ne supporte plus rien, aucune remarque, je suis acide, acerbe, désespérée. je n'aime pas qu'on m'ait oubliée, alors qu'avant de partir à la gare, j'avais expressément demandé qu'on me garde un peu de tout de ce menu d'anniversaire. j'ai explosé en pleurs. je me suis réfugiée sur le balcon. les enfants sont venus me consoler. je les aime. les copines sont venues me parler. j'ai dit que c'était un peu difficile pour moi en revenant à table. je me suis forcée à manger mon assiette. je suis sortie prendre l'air. vu d'autres copains. revenue pour faire manger les enfants, les coucher, et finir rangement et nettoyage. j'ai travaillé un peu. je suis fatiguée. je me lève très tôt demain. peut-être que je n'y arriverai pas. on verra.

si je me souvenais de mes rêves, je saurais si je rêve de celle qui vient de partir.

elle est déjà un peu trop absente.

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02 décembre 2016

c'est la fin.

Hier soir, j'ai pété un record. j'ai fait 4,7 km en milieu urbain à 18h15 en 14 minutes. là où 17 minutes sont annoncées. j'ai foncé. parce que je voulais savoir à quelle heure partait le train dit "de 19h", j'ai appelé, après avoir laissé message vocal, mail et texto, restés sans réponse. A 18h11, j'ai appelé pour dire que je serai là d'ici 30 minutes. Et il m'a rappelée, en disant que c'était pas la peine, son train part à 18h41. J'ai dit, si, j'y vais, j'arrive. J'ai tracé. 18h25, j'étais dans le hall 1 de la gare. Je lui ai donné le petit pot qu'elle m'avait demandé en début de semaine. Sa femme ira le porter.

Ce matin, elle m'a écrit qu'elle n'était "pas top." Et aussi demandé si ça se gardait longtemps. une mauvaise pensée m'a traversé l'esprit. c'est quoi "longtemps" ?

ça s'est emballé cet après-midi, son mari a publié sur son compte fb "moments difficiles", elle ne peut plus lire, ni répondre, ni parler, il a demandé à l'une d'entre nous d'organiser un skype ce soir avec elle, nous sommes plusieurs à penser que ce n'est pas une bonne idée, il a annoncé que les médecins ont baissé les bras il y a trois jours, les commentaires sur sa publication affluent par dizaines, l'une d'entre nous a sauté dans le tgv de 17h27, on essaie de se soutenir comme on peut par téléphone et messages interposés.

c'est la fin.

 

Je voudrais juste que ce soit demain. que la date de son décès ne soit pas la même que la date d'anniversaire de quelqu'un qui m'est si proche. juste pour décorréler les événements. Gigi, attends encore un peu, quelques heures, quelques jours si tu peux.

 

je fais quoi avec tout ce chagrin ?

 

 

 

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29 novembre 2016

message

je lui ai demandé des nouvelles, et elle me dit que son sang n'est pas assez bon, que sa jaunisse n'est pas finie, que ses infections sont encore là, que la chimio est différée, d'un jour.

et elle me demande du lait d'or. quoi ? gigi qui me demande ça ? elle qui ne fait gaffe à rien. put1 ça ressemble à l'énergie du désespoir, elle a trouvé ça où ? elle cherche des produits miraculeux ? je lui dis que si elle m'avait demandé ça hier matin, elle en aurait eu tout de suite, j'aurais donné un pot aux filles qui allaient la voir, elles à qui j'ai remis des petits trucs pour elle sur le quai de la gare. du lait d'or, j'en ai fait, du frais, pas plus tard que la semaine dernière. j'aimerais tellement y croire encore un peu. y croire qu'elle verra 2017, et 18 et 35 et les suivantes. j'aimerais...

 

 

 

 

qu'est-ce que je suis triste...

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le temps suspendu

en ce moment, je flotte. je suis là, mais pas là. je me laisse porter. je suis dans cette période où j'attends. j'attends une décision. je ne peux plus rien faire. j'ai jeté mes dés. le résultat ? on saura plus tard. je suis suspendue à une décision de commission. et je ne peux rien faire.

j'attendais ainsi sans vraiment attendre, il y a quelques années de ça, à la même époque. à peine commencée une nouvelle aventure qu'il avait fallu l'interrompre. et puis j'avais présenté mes voeux. j'avais compris qu'il s'agissait d'une histoire de santé. mais je n'en savais pas plus. et en retour des voeux, j'ai reçu l'offre de pouvoir poursuivre l'aventure à peine esquissée. aventure que je poursuis. y compris en attendant cette décision qui mettra du temps à venir.

je pense aussi à celle qui est retournée à l'hôpital. elle dvait commencer une chimio. et puis ce sera demain. elle a de plus en plus souvent des transfusions. pour de plaquettes. pour la booster. pour qu'elle puisse supporter la chimio qui est sensée éradiquer ce qui lui pourrit la moelle et qui l'empêche de produire des plaquettes. les siennes. et ses globules. j'ai l'impression que le rythme des transfusions s'accélère. je n'ose pas écrire au groupe de filles que les nouvelles ne sont pas bonnes en fait.peut-être que chacune d'entre nous l'a compris. et que chacune se tait. dans son coin.

je me suis fâchée avec son mec la semaine dernière. il faut que je raconte ça. que je le laisse quelque part, ce petit paquet.

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28 novembre 2016

le livre

elle ne lit pas de livres. jamais. elle n'aime pas ça. sauf un. une fois, elle me parle de ce livre qui l'a touchée. elle l'a lu d'une traite ou presque. elle l'offre bien volontiers. le choeur des femmes. elle a lu aussi certainement la maladie de sachs.

à côté de son lit d'hospitalisée, je lui dis que l'auteur a sorti un nouvel ouvrage, mais que vu le sujet abordé et sa situation, je ne sais pas si c'est très opportun que je lui offre un exemplaire. elle dit "pas de problème, je verrai ça."

une amie à moi qui vit dans la même ville qu'elle, achète le livre, et le porte à son bureau. elle n'est pas là. elle passera demain matin. je l'informe du dépôt d'une surprise pour être sûre qu'elle la trouve. son mec passe au bureau et ramasse le livre.
pour mieux comprendre certains traits à propos de la brioche (parfois, j'ai l'impression que Marie-Antoinette est mon amie...), j'ai envoyé par colis postal de la brioche il y a un mois de cela, colis qui est resté sur le bureau de ma copine, selon son mec, une semaine, pour qu'elle ait le plaisir de le trouver là, alors que j'avais écrit en gros sur l'emballage "à remettre en mains propres de toute urgence".

voici l'échange de textos.

18:15 Envoi nous de la bonne brioche plutôt que des bouquins pessimistes ! :)

18:21 Je le feuillette, le Martin Winkler, et je suis atterré, il s'est vraiment réveillé du pied gauche le jour où il a écrit ce livre, difficile d'petre plus pessimiste !

18:22 Nous on essaye plutôt d'être opitmiste et profiter de la vie, par exemple en mangeant du bon pain et de la bonne brioche :)

18:36 Je ne l'ai pas lu. mais je sais que "ma copine / ta femme, disons qu'elle s'appelle ici Gigi" aime cet auteur, elle qui lit peu. je te remercie par ta litanie de textos de rendre hommage à mes efforts pour faire des gestes à Gigi. Je n'ai pas trop envie de continuer à vrai dire... Mais pour Gigi, je suis prête à tout.  meme à lire tes commentaires qui ne me font pas plaisir. Laisse Gigi juger de la pertinence du livre s'il te plait. s'il ne lui plait pas, elle me le rendra. D'ailleurs, il lui est destiné. merci de faire le livreur. Et tant pis pour ta censure.

20:13 Pas de pb mais ça m'a fait bien rire

20:13 Mais tu devrait le lire aussi

20:14 Les autres Winkler sont sympa, celui ci est sordide

21:49 Jojo,  je suis peinée et blessée. je te demande pardon pour ma maladresse et de cesser tes commentaires.

 

 

et voici que je reçois des mails.

 


De : Jojo   
À : Moi
Envoyé le : Mardi 11h55
Objet : Re: pour clore sur le sujet


Gigi m'a montré les messages que tu lui a envoyé cet nuit, merci c'est parfait, désolé d'avoir réagi un peu brusquement, je n'ai rien contre toi mais un peu contre Martin Winkler qui est un gros manipulateur :)

Jojo


mardi, at 9:28 AM, Jojo wrote:

> Moi, je veux bien m'occuper d'une malade, ce qui prend bcp de temps, d'énergie, etc... ** à une condition ** : c'est de n'entendre aucune jérémiade injustifiée, aucune plainte qui ne corresponde pas à un vrai problème ; et au contraire, d'essayer **toujours** de voir les cotés positifs ; et il y en a toujours, il suffit de les trouver. Moi je n'ai qu'une vie, je veux bien me dévouer, mais je veux au moi que ce soit sympa. J'ai une tolérance zero pour les gens qui se plaignent, alors là, je peux te dire qu'en ce moment, elle est **négative**, ma tolérance.
>
> Ce Martin Winkler, il a fait des romans très bien, un peu critique de la médecine, etc, mais ce n'était pas négatif, parce que dans un roman, il y a toujours un part d'imaginaire, de possibles, d'espoir, de chaleur humaine. Dans son bouquin actuel c'est juste de l'écrasement à la française, tout va mal, on est foutu, etc. Oui on l'est, foutus, il n'y a pas de doutes là-dessus, et alors, moi ça ne m'intéresse pas ; et surtout çå ne m'intéresse pas que Gigi se mette ça dans la tete, en ce moment, à la fois pour elle et pour moi. Et j'irai plus loin : cela ne m'intéresse pas qu'elle se focuse sur sa maladie, qu'elle lise des livres sur la medecine, sur savoir si/comment on est bien soigné, etc... Si elle veut passer une bon moment, elle doit s'occuper de ce qui avance : les startups, la famille, les amis etc; par contre, s'occuper de médecine, elle ne la fera pas mieux que les médecins, ça ne lui créera que du soucis non productif. Bref je ne pense pas que lire des livres sur la médecine soit une bonne idée. J'ai réussi pour l'instant à éviter ça, j'aurais bien aimé que ça continue.
>
> Et ce qui devait arriver arriva : Gigi a commencé, après avoir lu le bouquin ce matin, à reparler du fait que son premier médecin s'est probablement mal occupé d'elle : qu'ils n'avaient pas bien suivis les choses, etc. C'est peut-être vrai, mais ça ne m'intéresse pas, on ne peut pas changer le passé - se plaindre du passé c'est juste se rapprocher de la mort - et je vais m'assurer que ça n'interesse pas non plus Gigi. Bref pour savoir si je censure ce livre, oui, je le censure, et je n'ai pas de prb avec ça.
>
> Envoie-nous de la délicieuse brioche plutôt :) ce dont on a besoin (nous et tout le monde d'ailleurs) c'est d'espoir et de plaisir
> Jojo

 

mail auquel je réponds. forcément.

Jojo,
Je peux lire ta détresse.
Je ne te dirai pas ce que j'en pense.
Je suis bien mal placée pour te faire part de mes impressions, car je pense que tu fais au mieux, avec amour, face à cette situation compliquée.
Enfin, dis à M. Winkler ce que tu penses, je ne suis pas son agent.
Et répète à Gigi toute l'affection que j'ai pour elle.
Je ne souhaite pas davantage échanger avec toi tant que c'est possible.
bref, c'est pas bien de faire du copier/coller. mais tant pis. c'est là. parce que c'est trop lourd à garder pour moi.
et encore, je n'ai pas gardé le compte-rendu de la conversation téléphonique sur réalsite que j'ai eue avec lui un matin, où prenant mon courage à deux mains, je l'ai appelé pour savoir si on pouvait les aider pour acheter un lit. sujet délicat, elle a besoin d'un lit pour dormir, elle ne peut pas dormir sur le matelas par terre. alors quand elle est chez elle, elle chasse sa fille de son lit pour y dormir. où dort sa fille ? je n'ai pas posé la question. et donc, elle a demandé un lit, avec un sommier, un matelas. il y a trois semaines. devant moi. à son jojo. et toujours pas de lit. il me dit que depuis, ils ont investi. ils ont acheté un aspirateur. (sic) et quand je relance le sujet, il borborygme. vrai de vrai. ah oui, il tousse aussi beaucoup. ce qui lui permet de ne pas entendre, ou tour à tour, de ne pas répondre. c'est pénible, ces rhumes de l'automne... (et tu crois que je suis dupe, Jojo ?)

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27 novembre 2016

poudre dans le vent

il y a ça, aussi. le fait que je ne suis pas toujours compréhensible. que je ne me rende pas compréhensible. qu'on ne puisse pas me comprendre.

tout ça pourquoi ?
parce que c'est un système de protection contre une mère trop intrusive.
là où c'est évident, je mets un peu de poudre dans le vent, les yeux piquent et se ferment. passez votre chemin, il n'y a rien à voir.
là où ça touche mon intimité, je cache, je serre très fort contre mon coeur, pour que ça reste à moi, pour que ça garde sa valeur, pour que cela ne soit pas raillé, vilipendé, piétiné.
là où siègent mes affects et mes émotions, ma libido et mes désirs, mes pensées et mes secrets... je le garde bien au chaud, au secret, dans un cocon intérieur, bien bouclé.

 

 

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25 novembre 2016

encore un coup de foudre

la première fois, elle rentrait de congé de maternité. sa collègue l'avait prévenue. il y a un nouveau qu'est arrivé, je sais pas pourquoi, je sens que ça va faire des étincelles avec toi. et ça n'a pas manqué d'en faire ! ils sont tombés dans les bras l'un de l'autre. laissant conjoint et bébés de côté, vivant une idylle passsionnée et passionelle, qui s'est mal terminée.

et puis, a suivi une période un peu tiède. une envie d'un autre enfant, des rencontres inintéressantes, une histoire avec une star, mais déjà engagé, et encore un tout petit bébé, et puis, ce régime d'intermittence auquel ui était habitué, elle ne l'a pas supporté. vivre dans l'ombre, loin de lui, et entendre parler de lui, et d'elle, l'officielle, parce que célèbre aussi, c'était difficile.

et encore une période, avec des hauts, des bas, des hommes mariés, engagés, ou divorcés, mais sans avenir conjoint, juste des moments fugaces, intenses et brefs, joyeux et courts, à la fréquence indéterminée et interminable.

enfin, un regard, une soirée, une approche par ami commun, et les papillons dans le ventre, des sentiments adolescents, des émois comme jamais, elle est tombée amoureuse. et elle a peur. peur de ce qui lui arrive, et de ce qui ne pourrait pas se poursuivre. elle vient d'entrer dans l'intranquilité amoureuse.

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23 novembre 2016

ne pas oublier ces moments

ne pas oublier cette image de ma fille à qui je demande de se lever pour la troisième fois... venir les yeux fermés depuis sa chambre et s'affaler sur la chaise en bout de table, la nuque versée en arrière sur le dossier, les yeux toujours fermés. 7 ans et 10 jours. sourire encore plus quand elle bascule pour poser les mains sur la table et sa tête sur ses mains.

ne pas oublier cette image de mes enfants dans le métro qui nous ramène de la piscine où ils lisent le même magazine de comics.

ne pas oublier cette image de mes enfants qui jouent ensemble dans le petit bain. je les observe du coin de l'oeil, ils ne savent pas, ils me donnent tellement de plaisir à être si complices et joyeux.

ne pas oublier cette image de ma fille qui préfère jouer de la batterie plutôt que de répéter les exercices sur le pad. et ce sourire quand elle réussit à jouer le même morceau que son prof !!!

ne pas oublier cette image de mon fils qui accepte de prendre son vélo pour aller à l'école parce que la personne qui devait les emmener en métro a oublié l'heure.

ne pas oublier cette image de mon fils qui se blottit contre moi.

ne pas oublier ces paroles de mon fils qui me dit "en fait, tu n'es pas si contente que ça qu'on ait un chat, maman ?" (la vérité sort de la bouche des enfants)

comment faire pour ne pas oublier ces moments ?

 

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22 novembre 2016

le club des bêtises de la mort

le club des bêtises de la mort,

monté par ce gamin, qui s'est allié le groupe de filles, les trois copines, Léa, Clara et Paloma.

ce gamin, il est d'une intelligence supérieure, tu sais ceux qu'on appelle les surdoués, une intelligence fulgurante, immense, puissante. qui effraie. ses parents. ses proches. ce gamin, il a du mal avec les relations humaines et sociales. mais bon, on le tolère. et il est allé charmer les filles. ils ont monté le club des bêtises de la mort. oh, pas de jeu de foulard ou de simulation de suicide par pendaison, non, non, on n'y est pas encore, ils viennent juste de commencer le cycle primaire. non, ils ont organisé ce qu'en langage adulte, on qualifie de vol et recel en bande oganisée. il a menacé celles qui ne voulaient pas participer, de leur faire mal. elles ont obtempéré. l'une guettait. l'autre repérait les cartables des collégiens. la troisième dérobait argent, clé ou portables. il gardait le butin. à la fin de la récré, ils ont partagé. deux téléphones, qu'ils ont éteint, au cas où ils sonneraient en classe, ce serait con de se faire prendre, de l'argent, et des clés, jugées inutiles, que le gamin a jeté dans la poubelle de la cour.

bien entendu, ils ont été découvert. et le surgé leur a demandé de parler à leurs parents.

 

et ben, tu sais quoi ? c'est pas facile d'apprendre que ta fille faisait partie de ce club des bêtises de la mort.

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13 novembre 2016

petits riens

mercredi écouter le grand de la montagne qui me raconte les flocons et la fenêtre ensoleillée prévue samedi. en parler jeudi matin. à moi de trouver comment organiser la maisonnée pour partir. j'ai réussi. à 14h, vendredi, flipper parce que la personne pour les enfants vient tout juste d'arriver, la briefer, être dans le taxi à 14h14, pour le départ d'un train à 14h41. attraper le train. arriver à la gare, la grande voiture confortable est là. faire un peu de route avec cette nouvelle amie. retrouver mon véhicule à l'autre gare, discuter avec des voisins sur le parking, ils partent à tignes, rassembler les affaires dans les sacs, oublier le contenu du frigo et du congel, charger le coffre, et les sièges arrières, aller diner chez ces amis, avec les jeunes, avoir le poil qui se hérisse quand la conversation tourne politique, avoir envie d'offrir matin brun à tous les convives, partir dans la nuit, livrer le petit déjeuner à celui qui sort tout juste de la clinique pour réfection de sanitaires intimes, refuser la tisane, prendre la route des vendredi soirs d'hiver, et après le château de la belle au bois dormant, pousser un oh ! en découvrant les sommets blancs. arriver sur la neige, décharger, s'endormir rapidement, se réveiller avec un ciel dégagé et admirer la neige faire ployer les branches, un peu d'étirements, un petit déjeuner, s'équiper, offrir un café aux arrivants et partir, matériel léger, monter dans la trace, puis oublier la trace qui poursuit dans la combe, continuer dans les bois, descendre et faire les premiers virages de la saison dans la neige de trois jours, une magie, une féérie, à la montée, à la descente, décider de remonter, plus haut, et descendre ce champ encore vierge, faire les plus beaux virages de ma vie dans cete neige parfaite, n'avoir qu'une envie, remonter pour dévaler encore, même si rien ne pourra égaler le plaisir ressenti. contrainte par l'heure, finir dans la neige croûtée. croiser sur le chemin belle-belle maman qui arrive avec les courses du déjeuner. filer prendre la douche, lancer la machine à laver le linge, écouter et parler avec celle venue chercher un peu de pain et de brioche, tout foutre en vrac dans la valise, dans la voiture, mettre les pieds sous la table, déjeuner royal en deux deux, partir avec le thermos de thé et la crème brûlée, ne pas s'énerver contre les véhicules qui descendent dans la vallée si lentement, si lentement, et si nombreux, accélerer et doubler après le grand virage, gagner 5 minutes indispensables pour ne pas rater le train. 15h27, j'y suis. j'ai vécu l'un des plus beaux moments de ma vie.
plus d'un me prend pour une cintrée. 24h pour 4h de ski, dont plus de 3h de montée. c'était la fenêtre, avec les bonnes personnes, tout cela était possible, il suffisait d'y plonger, je n'ai pas hésité, je n'ai pas regretté.

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