betty black

17 avril 2017

en rentrant de la fête

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je descends du train,
après le week-end entre filles dans le sud
pour aller au restaurant qui fête son anniversaire.

il est déjà un peu tard.

j'arrive avec ma valise et dans le sac des oeufs de poulette du Sud,
ma fille commande sa limonade,
je savoure un MPM de Philippe Viret,
il y a du gros son et des gens sympas.
L'ambiance est toujours aussi bonne ici, les tables ont été poussées, cela danse un peu sur le carrelage, il fait un peu frais en terrasse.

je ramène ma fille en taxi, il est tard, et elle me dit qu'il y avait des gens rock'n'roll, elle aime pas, ils lui font peur, comme ceux qui étaient trois un jour, avec des cocas, mais qu'étaient pas des cocas, c'était des bouteilles jaunes, (de la bière, ma fille...),
les gens étaient stylés comme elle dit, je pense à ce livre de Simon le lapin, dont le petit frère Gaspard répète 'tllo stylé'

je lui demande si moi, je suis stylée
ou rock'n'roll,
elle dit que non.

"toi, t'es jolie, maman."

... ma fille...

 

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16 avril 2017

dans le doute, pas de doute.

Elle part courir un peu, pas longtemps, dans le village et alentours, elle salue ses amis en franchissant le portail et part à l'aventure. direction l'église, le centre du tout petit village, où il ne reste plus comme commerces qu'une coiffeuse Lina, une superette fermée le mercredi sauf en été, et un tabac presse loto. C'est dimanche matin, il est midi, il n'y a personne sur la place de l'église, il n'y a pas dû y avoir d'office ce matin, ce week-end peut-être même. Elle bifurque, direction le stade. Les pierres sèches et claires des maisons de village renvoient la lumière zénithale, le stade offre une trouée verte dans laquelle elle s'engouffre, elle cherche le canal que son pote lui a indiqué pour rejoindre l'allée des peupliers. Oh tiens, du mouvement, il y a âme qui vive, donc. C'est un cycliste. Il ne ressemble pas à grand chose, un type à lunettes, tee-shirt orangé et pantalon de toile. Il la croise et lance un bonjour. Elle répond bonjour. Elle est polie. Elle continue et rejoint le petit canal entre les maisons de lotissement avec piscine de jardin. Après le virage, elle aperçoit l'allée de peupliers, la route de la sortie du village et après, le chemin. Sur la route, elle se fait dépasser par le même cycliste. Il ne se retourne pas, ne répète pas bonjour. Elle trouve étrange de le voir dans cette direction. Elle poursuit. Le vent souffle. Dans le virage, elle aperçoit le cycliste qui a tourné à gauche, dans un chemin ou l'entrée d'une propriété. Il se ravise, et repart sur la route. Et une centiane de mètres plus loin, il tourne à gauche, semble cherche quelque chose, pose son vélo dans le fossé et s'engage derrière les arbres qui bordent la route, elle ne le voit plus. Elle poursuit, l'oeil rivé sur le vélo abandonné. Et puis, elle décide de faire demi-tour, elle n'ira pas au bout de la route, se raisonne en se disant que pour une reprise, ça suffit, que ses amis doivent l'attendre pour déjeuner. Hop, hop, hop, demi-tour, elle court en restant attentive. elle s'avoue qu'elle n'est pas à l'aise. Sur cette route battue par le vent. Le long du canal bordé de maisons fermées pour le week-end prolongé. Dans ce village complètement désert et silencieux. Elle n'a pas peur, mais elle n'est pas tranquille.

Portail, douche, à table. Elle raconte son histoire pendant l'apéro. Elle essaie de faire rire, elle se présente comme ridicule.
L'ami lui dit "Dans le doute : pas de doute. Tu as très bien fait."

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04 avril 2017

et le temps passe...

et le temps passe,
et je prends le temps de le savourer.

et le temps passe...

 

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03 avril 2017

clair de lune

il parle de ce terrible salon professionnel. il devait présenter son produit, sa société, ses équipes, leurs succès, leurs progrès, leurs projets... il avait répété, devant un auditoire difficile, mais conquis : sa femme et ses enfants. Il n'a pas dormi les trois nuits qui ont précédé. le stress, dit-il. et il n'a pas beaucoup dormi les trois nuits suivantes : présence sur le salon, rencontres avec les clients, les concurrents, les fournisseurs, les serrages de main, les échanges de carte de visite, et le soir, le resto, toujours trop tard, et le matin, le lever, toujours trop tôt. et ces week-ends depuis, où il ne peut rien faire d'autre que sortir de son lit pour déjeuner avec sa femme et ses enfants, c'est tout. laryngite, gastro, sinusite, otite, tout est bon. il a des antibio depuis quelques jours. il en a marre de passer ses week-ends au lit et pense que c'est à cause du rythme du boulot. l'étranger pour dix jours par mois, les aller-retour hebdomadaires en province, ...

changement de sujet.

autre thème.

les vacances, la vie, le quotidien, la famille, le déménagement, l'abandon définitif de l'appartement conservé depuis 20 ans.

changement de sujet.

autre thème.

les anciens potes.

et de fil en aiguille, l'ami. le cher ami. le pote avec lequel on a partagé tellement. celui des classes prépas. celui de l'école du plateau. celui des soirées après le travail. celui des vacances ensemble avec les potes. celui qui est là. voisins de toujours. l'ami que même la femme n'a pas réussi à isoler complètement.
cet ami, il y a 3 ans, au restaurant, pendant le repas avec les investisseurs. l'organisateur du meeting avec les business angels était au téléphone avec lui, et lui disait dans le combiné combien tous les présents à la présentation de l'après-midi étaient très intéressés par son projet, que les retours étaient top, que ça y est, c'était le grand départ !
lui, il a pris un aller simple pour l'au-delà.

crise cardiaque. rideau.

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02 avril 2017

combien ?

combien de fois a-t-elle entendu ces trois mots ?

combien de personnes différentes les ont prononcées à son oreille ?

elle croit qu'il y a une ou deux fois où ça lui a fait peur, elle n'avait rien vu venir, elle n'en voulait pas, elle ne savait même pas que certains pouvaient penser, encore moins dire, ces trois petits mots à son adresse à elle.

combien de crédit peut-elle accorder à la valeur de ces trois petits mots égrénés dans un souffle ?

 

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23 mars 2017

petite victoire personnelle

La semaine dernière, j'ai été victime d'une attaque de collègues en réunion de service. Dont l'une plus responsable que l'autre qui n'est que l'outil de la première. bref.

Cet après-midi, j'avais pas vraiment envie de travailler avec ces deux-là, forcément.

Et, bon, pas vraiment le choix, hein, le boulot, c'est le boulot.

Et voilà ma collègue agressive qui demande à tous les présents un mot pour que le traducteur puisse écrire en idéogrammes chinois. Licorne, courage, bonjour, voyage, mon tour arrive. Je la regarde et lui articule distinctement "équipe". Quelque chose est passé dans son regard. Elle a compris. Je sais qu'elle est intelligente. J'espère qu'on sortira de cette ornière. bien. ensemble.

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19 mars 2017

un week-end pas comme les autres

on devait rester à la maison. et puis, il avait envie d'aller à la campagne. j'avais négocié une demi-journée rien que pour moi. pour tenter de désengorger la pile de papiers à classer, etc. j'ai décidé de rester. seule. à la maison. sans homme, sans enfants. je n'ai vu personne. j'ai glandé. je n'ai pas rangé. j'ai lu des magazines féminins qui trainaient parce que je n'avais pas pris le temps de les lire pendant les voyages des précédents week-ends. il y a une mode actuellement. et bien, je suis complètement dedans. ne rien faire chez soi. voilà. deux jours pour moi. qui s'achèvent. "déjààààà ???" ai-je envie de dire. c'est presque passé trop vite. j'ai refusé une invitation à déjeuner chez des amis. pour égoïstement rester chez moi et profiter de ce temps seule. j'ai écouté un peu de musique, regardé un film hier avec un bol de soupe, j'ai bien dormi. j'ai même un peu écrit ici ! ...
et...
j'ai peu dépilé. très peu.
allez, je vais m'y mettre, il me reste deux heures...

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17 mars 2017

vous êtes acceptée !

Victoire !

Je suis arrivée avec du retard. Sans presque m'en rendre compte. Je m'en excuse en entrant. Je m'installe.

Avant que nous ne commencions, je vous annonce que vous avez été acceptée à suivre la formation au sein de notre société.

sans voix. je dis merci.

c'est une annonce officielle.

je suis très émue.

je pleure.

larmes de joie.

du premier coup.

je n'ai pas été ajournée.

je n'ai pas été refusée.

je suis admise.

je suis ADMISE !!!

 

bon, et bien voilà, j'ai un projet pour les 10 ans à venir...

 

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16 mars 2017

réunion de service

je me suis fait attaquer lors de la réunion de service.

un truc qui s'appelle "tirer à boulets rouges". l'une des deux m'en veut à mort. l'autre, sa comparse assujettie, trop bête pour se rendre compte qu'elle est manipulée, la suit comme un gentil caniche à sa mèmère.

et je n'ai rien compris. des attaques en règle. des suggestions très ciblées qui laissent à penser que je m'absente du lieu de travail, alors que je ne prends même pas part à leurs pauses cigarettes...que j'abandonne les stagiaires à des animations d'atelier, ce qui ne s'est jamais produit (le stagiaire en question est trop incapable pour que je puisse le laisser faire quoique ce soit seul avec les patients), tout ceci, les jours où elles ne sont pas présentes...

elle a fini sa descente en règle en disant que j'allais un peu trop dans le bureau de façon "systématique", j'ai répété "systématique ?" que veux-tu dire par là ? elle n'a pas su étayer. elle a dit que c'était très dur comme emploi et qu'elle pouvait comprendre qu'on choisisse la fuite comme atttitude. (laissant entendre que je fuirais le lieu d'accueil). Ce qui s'est passé, c'est qu'elle est sortie de la réunion pour ouvrir la porte de la salle d'attente aux patients, et qu'elle n'est pas revenue assister à la fin de la réunion. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que la fuite... était la sienne.

je rejoins le monde du travail. en équipe. je retrouve les esprits tordus. il n'y a pas que ceux-là. mais il y en a. partout. et celle-là, malgré son intelligence professionnelle brillante est une personne perverse et toxique pour une équipe de soignants.

j'ai appris depuis qu'elle n'en était pas à son coup d'essai.

et j'ai découvert que cela ne me touche plus. et c'est un vrai progrès notable et remarquable.

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13 mars 2017

relaxée !

je suis allée au tribunal de police ce matin.

j'ai détesté l'attitude agressive de la présidente. une femme âgée, avec les codes de la Vieille France bourgeoise, je n'ai pas vérifié si elle portait une chevalilière avec des armes à côté de son alliance et de sa bague de fiançailles, un débardeur noir sur la peau pendouillante de ses bras décatis, un brushing passable sur des cheveux teints en blond cendré, "mon idole, c'est catherine deneuve", des yeux clairs, et une adresse, à toutes les personnes qu'elle interpelle, insupportable de mépris que sa position professionnelle lui confère.

j'ai été relaxée.

elle s'est permis une petite leçon de morale sur la circulation à vélo. j'ai fixé l'espace entre ses deux yeux pour ne pas entendre, pour ne pas réagir, pour ne pas répondre. elle pourrait revenir sur sa décision, le mot de la fin lui appartient, je le lui laisse, je veux partir d'ici. c'est à ça que servent mes impôts ? non, mais ... je crois que j'aurais préféré ne pas savoir. j'aime ma bulle hors de ce monde.

 

 

je ne sais même pas si j'ai pris le temps de raconter ce PV reçu pour franchissement de feu rouge à vélo pour entre sur une piste cyclable, devant un bus à l'arrêt de son terminus. un cas de bizutage de jeunes flics. j'ai refusé de reconnaitre l'infraction. j'ai été relaxée. je confirme qu'il vaut mieux avoir de bons conseils pour affronter l'appareil judiciaire.

 

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