betty black

20 novembre 2018

la salle de sport

elle est allée après le cours à l'étage où il y a le sauna et le hammam. C'était vide. ah non. une autre fille dans le hammam. bien. elle y entre. la fille part peu après. elle est bien, là, elle se sent très très bien. si elle avait pu imaginer combien se retrouver dans un nuage de vapeur d'eau chaude lui était bénéfique, elle serait venue plus tôt.

elle rêvasse, allongée sur les bancs en carrelage blanc, des gouttes d'eau chaude tombent du plafond sous l'effet de la condensation et de la gravité réunies. elle s'assied, essuie la sueur et l'eau mélangées sur sa peau. elle se sent entreprenante. elle s'entreprend. et ne s'arrête pas quand elle entend la porte des escaliers retentir. elle laisse monter la puissance. et s'arrête juste avant que la personne ouvre la porte embuée... bonjour répond-elle.

 

 

elle ne peut s'empêcher de penser à cet aveu récent : "oui, elle a toujours eu un faible pour les filles, même si ça la dégoûte."

 

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18 novembre 2018

retour de baton

voilà, c'est arrivé, elle a profité de la présence de ce couple d'amis à déjeuner pour être un peu acerbe, voire acide, agressive, caustique. son ton, sa tournure de phrases, rien de sympa ou de touchant. elle s'en voulait, elle n'y pouvait rien. elle se demande si c'est pour se venger. peut-être un peu.

il l'a remarqué. il le lui dit. après que les amis soient partis. ellele reconnait, mais ne sait pas l'expliquer.

c'est comme ça. peut-être l'effet boomerang, non ?

 

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17 novembre 2018

journée d'information

De loin, elle avait perçu sa nonchalance. oui, sa nonchalance dans son attitude. assis, il s'était comme alangui pour ne pas dépasser d'une tête. et il y avait ce "je ne sais quoi" qui lui avait fait cligner de l'oeil. à la réflexion, il y avait un peu beaucoup de plusieurs qui comptaient pour elle, un chef qui n'était pas son style, mais qu'elle appréciait énormément, un ancien amant qui était au moins aussi grand, un amour de jeunesse qui à l'époque, lui avait préféré sa meileure amie, et cette nonchalance dont elle avait parlé la veille avec une amie dont le nouvel amoureux était si "nonchalant"... bref, elle s'amusait à faire défiler toutes ces figures sur l'écran de ses souvenirs.

à la pause, elle a interrompu sa participation à une discussion "je vais prendre un café avant que ça ne reprenne." elle attrape un gobelet, le thermos est vide. et lui, il est devant l'autre thermos disponible sur la table, vide aussi. elle aurait voulu le faire exprès qu'elle n'y serait pas parvenue. Ils échangent un signe de tête "pas de chance", et se dirigent vers une autre table. ils se fraient un chemin différent dans la foule, et parviennent chacun à l'un des thermos de la table suivante. il tente... vide encore. elle a du attendre qu'un autre participant se serve... avec un peu de chance, il en restera encore.. et oui ! c'est gagné. elle lui tend le gobelet plein de café en échange du sien encore vide. ils se sourient des yeux. elle remplit l'autre gobelet. il lui propose touillette pour sucre. elle refuse et ils se sourient vraiment. ils boivent leur café chacun avec leurs connaissances, la réunion reprend aussitôt.

elle change de place et s'installe, un rang, en décalé de plusieurs sièges, devant lui.

tout le temps qui s'écoule, elle aime à croire qu'il pourrait se passer quelque chose. elle aimerait qu'il la regarde en biais, qu'il l'observe et qu'il imagine ce qu'elle imagine aussi. cela passe le temps. elle écoute d'une oreille distraite et attentive. elle échaffaude des scénarios qui ne se produiront jamais. comme proposer un apéro parce qu'à la fin de la journée, ce ne sera plus l'heure du café...

 

la journée se termine. en rangeant ses affaires, elle ose lancer un regard vers sa place, il la regarde. elle n'a pas le temps de rougir. il est déjà parti. elle sort. sur le trottoir, la nuit est tombée. les lumières de la ville lui jettent des éclairs insolents. elle a envie d'un cocon de douceur et de s'y lover. le trottoir est noir et brillant de cette humidité de brouillard glaçant.

 

 

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12 novembre 2018

on ne va pas se précipiter

on ne va pas se précipiter.

voilà ce qu'il a dit ce matin. elle s'accroche à ça.

après cette soirée douloureuse. après avoir embrassé les enfants, qui lui ont posé des questions justes et pertinentes. auxquelles elle a répondu simplement, avec ce qu'elle savait.
et puis la discussion.
pour que ce mail de réponse ne soit pas le couperet de l'histoire. quelques heures de paroles, des annonces difficiles à entendre, dans un mois et demi, il partira de la maison. elle essaie d'y voir du positif. elle pleure contre lui. elle croit sentir des larmes aussi, mais n'en est pas sûre.

elle lui demande d'être heureux sans elle. (au moins, que cela serve à quelque chose.)

et puis, ils ont fait l'amour. pas une relation sexuelle où il ne la regarde pas, comme si elle était quelque chose qui est tout, sauf elle.

et ce matin, il l'a serrée dans ses bras.

croit-elle à quelque chose qui disparaitra ?

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11 novembre 2018

le repas

Il dit qu'il va préparer le repas.

Il sert les assiettes des enfants, qui mangent.

Il pose la poele et la casserole sur la table.

Il se sert.

Il commence à manger.

Elle ouvre la poele et se sert un morceau de viande.

 

Elle lui demandera plus tard.
Non, il n'avait pas remarqué qu'il ne l'avait pas servie.

 

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10 novembre 2018

de la négligence...?

mercredi soir : j'ai besoin de partir une journée très tôt et retour le soir la semaine prochaine... qu'est-ce qui t'arrange ?

réflexion de madame, à toute berzingue ça turbine dans le ciboulot, réaménager les contraintes logistiques et les flux pour que les rouages ne se grippent pas... le mercredi, c'est le mieux.

ok. très bien, mercredi.

 

samedi soir, en rentrant du ciné, sur le trottoir, où il ne l'attend pas, et ne lui propose pas de porter le paquet qu'elle a récupéré, un cadeau pour leur fille... tiens, au fait, je pars mardi matin et je rentre mercredi soir.
mardi, donc, elle doit fermer boutique, et trouver quelqu'un qui récupère au même moment les enfants à la sortie de la piscine... et ce sera en transports en commun, et donc, le mardi soir, qui est une soirée où l'organisation permet d'avoir le diner familial tous ensemble une fois par semaine est balayé d'une phrase lâchée sur le trottoir un samedi soir.

 

 

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08 novembre 2018

du lard ou du cochon ?

aujourd'hui, elle sait qu'elle ne le verra pas beaucoup, alors elle met ce pantalon "informe qui ne la flatte pas", il le lui a suffisamment répété, et ces bottines en poulain imprimé panthère et de couleur bleue. une petite touche de R&R qu'elle apprécie et qui l'a fait sourire.

elle monte le voir au bureau. il lui dit "oh t'es belle !"
soufflée, elle demande à voir si c'est du lard ou du cochon : "pardon ?"
   ben quoi ?"non, j'ai pas bien compris, tu détestes que je porte ce pantalon, ...(oui, je sais les imbéciles ne changent pas d'avis) et ces shoes..."
   non, tu as raison, ces chaussures, c'est vraiment pas ça, et ce pantalon te fait un gros cul.

parfois, il vaudrait mieux prendre ce qu'il y a à prendre, sans trop chercher...
mais elle n'y peut rien : elle a relu "l'effort pour rendre l'autre fou" de Searles.

 

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06 novembre 2018

de la violence ordinaire et invisible

oui, ce serait bien d'aménager quelque chose sur la mezzanine, une fois la rambarde installée...

j'ai pensé à une grande barre et desuus on mettrait une toile comme un grand rideau avec des oeillets, pour pouvoir isoler l'espace là-haut si on veut un peu d'obscurité et de calme, avec un tissu opaque et un peu lourd pour étouffer bruit et lumière.

non, c'est moche.

ah.

je vois plus un meuble, avec des niveaux différents, et des rangements pour des livres.

il faudrait prévoir pour du linge et des vêtements plutôt, non ?

oui, bien sûr, du côté du lit, mais là, au-dessus, des rayonnages de livres.

ah... et comment y accéder ?

avec un escabeau, un truc chic, tu vois ?

mmh.

 

 

le "c'est moche" a été assené en présence des enfants, et d'une personne extérieure à la famille.

le "ah" permet d'amortir.

comme ça, en apparence, rien de très violent.

mais en regardant de plus près...

la répétition de ce même discours, souvent, sur des thèmes d'aménagement d'espace pour la famille, ou sur d'autres sujets, l'habillement, la façon de se tenir, la tenue de la maison...

comment sortir de ce mécanisme ?

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05 novembre 2018

de quoi tu parles ?

elle lui ouvre la porte pour qu'il entre déjeuner.
il lui demande :
   comment ça va ?
elle lui répond :
   fatiguée.

(cela fait 10 jours qu'il est absent, parti pour une mission loin, il est rentré le matin même, elle a géré pendant son absence son travail à elle, l'indispensable qu'il ne peut pas déléguer de son travail à lui, les enfants en période de vacances scolaires, privés de villégiature en dehors de leur domicile citadin pour se reposer, et sa propre mère, qui est tout à fait sympathique et utile dans ces périodes pour la présence qu'elle assure à domicile, mais qui reste sa mère...)

 

fatiguée ? ben pourquoi ?
et cela sans aucune once d'humour dans le ton, ou de bienveillance, ou d'empathie.
il entre et va saluer les présents déjà installés avec son théatralisme habituel.

il ne l'a pas embrassée, il ne l'a pas touchée.

 

 

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31 octobre 2018

alors, alors...

en bref, tout va bien.

en long, ça va prendre un peu plus de temps que de tout raconter. et puis, comme toujours, ce qui va bien n'est pas aussi palpitant en termes de suspense.

les vacances sont passées. 4 jours échappés déjà lointains dans le rétroviseur. une journée de voyage, une plancha sympa, une journée dans une cabane en haut de la montagne, cachée dans les bois, pour une sieste sur un parterre de feuilles mortes, les palombes ayant été ramassées, une journée avec une célébrité à la maison, et un bon repas en terrasse au solei, une journée poru aller à la mer, se faire chahuter par les vagues beaucoup trop grosses pour moi.

retour à la vie quotidienne un peu en surcharge, car quand il s'en va, il faut assurer un peu plus en remplacement.

une soirée avec les enfants à la cinémathèque... il a fallu attendre que le nouveau ministre arrive de l'assemblée nationale où la défense de son budget l'a retenu un peu plus longtemps que prévu... le film a démarré très en retard, on est rentré tard, très tard... et on a découvert une tique fichée dans l'épiderme du grand. un aller-retour à la pharmacie ouverte 24/24 pour un tire-tique plus tard, la nuit a été plus qu'écourtée.

j'ai travaillé, pour mon travail, et pour le sien, et pour notre foyer.

et je continue et ça fait une semaine, et je parviens à peu près à tout mener de front... mais les vacances ? ... quelles vacances ? ...

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